Serial Sniffer, de Joël Jenzer

Je m’appelle Tony Locker. C’est mon « nom de scène », bien sûr. Je suis branché cul. Ça tombe bien, vous aussi ! Il paraît que je suis sex addict. Nous ne sommes donc pas si différents, vous et moi. En fait, je suis juste un renifleur de petites culottes. C’est dégoûtant, pensez-vous ? Je trouve cette passion plutôt excitante et je ne suis pas le seul. Avec mes amis obsédés, nous avons fait le buzz sur le Net, ce qui a bien sûr outré les bien-pensants si propres sur eux qui nous ont dans le nez, offusqués par nos trips de petits dessous féminins.

 

En cette période estampillée #MeToo et #BalanceTonPorc qui voit triompher le règne de l’autocensure dictée par la peur d’être lynché sur la place publique des réseaux sociaux, « Serial sniffer » n’est assurément pas un livre en odeur de sainteté.

Après son polar vintage « Enflammés », Joël Jenzer, journaliste lorsqu’il ne s’égare pas dans la fiction, s’attaque au thème du politiquement correct de notre époque sous l’angle de la sexualité masculine, sujet peu souvent abordé dans les romans et dont personne ne semble vouloir parler autrement que sur le ton de la plaisanterie. Une histoire en apparence légère, derrière laquelle émergent toutefois des questions dérangeantes : à quel stade les pratiques sexuelles deviennent-elles déviantes ? À partir de quand peut-on être considéré comme accro au sexe ? Qui sont les véritables pervers dans notre société hypocrite et édulcorée ?